“Seconde ville francophone après Paris, Montréal, à la fois moderne et chaleureuse, étonne par ses contrastes ; l’immigration a donné naissance à une mosaïque ethnique sans équivalent. Vous serez charmés par la chaleur de l’accueil de ses habitants et enthousiasmés par sa vie trépidante et cosmopolite. Ville ancienne et nouvelle où les vieux quartiers colorés côtoient la ville moderne et ses gratte-ciel, Montréal associe le charme des villes provinciales à l’animation des capitales”
Montréal
Métropole américaine, Montréal, à l'image de ce continent conquérant et moderne, est tirée au cordeau: buildings de verre et d'acier, avenues contenues par le carcan de l'angle droit, business et dollars. Mais Montréal est aussi la deuxième ville de langue française du monde; ce qui signifie qu'elle sait se faire méditerranéenne. Grande mélangeuse de genres, la cité a grandi sans s'en rendre vraiment compte, regroupant des tas de hameaux: quartiers francophones, anglophones, italiens, chinois.
Le vieux Montréal
Du clocher de la chapelle Notre-Dame de Bonsecours, on découvre d'un côté un Saint-Laurent apaisé et, de l'autre, le berceau de la cité. Sur 40 hectares à peine se concentrent des maisons de pierre cossues chapeautées d'ardoise, des places aérées et fleuries, des rues pavées où l'on se promène en calèche. Longtemps négligé, puis restauré, le vieux Montréal est devenu l'un des fleurons de la cité.
Les bâtiments datant des premiers temps de la colonisation se regroupent pour la plupart aux abords de la jolie Place Jacques-Cartier, inclinée en pente douce en direction du Saint-Laurent. Face à l'Hôtel de Ville, bâtiment massif style Second Empire coiffé de cuivre, le château Ramezay est en réalité un simple manoir, résidence du onzième gouverneur français de Montréal. On peut y découvrir un petit musée historique consacré à la vie des colons et à l'aristocratie du XVIIIe siècle. Plus proche du fleuve, la rue Saint-Paul est l'une des mieux conservées de la vieille ville. Vous y verrez la maison Pierre du Calvet (1725), située en vis-à-vis de la chapelle Notre-Dame de Bonsecours (Musée de Poupées costumées), ainsi que le marché Bonsecours, le principal marché public de Montréal de 1847 à 1963, surmonté d'un grand dôme argenté. Vous y trouverez un étage de commerces et de galeries et un autre où se tiennent des expositions sur les métiers d'art et de design. Voyez aussi à proximité la belle résidence Dumas (n° 445).
Descendant la rue Notre-Dame bordée de bâtiments aux fenêtres voûtées, vous approchez du secteur le plus imposant du vieux quartier. Place d'Armes, Montréal retrouve ses racines: le séminaire de Saint-Sulpice, le plus ancien bâtiment de la ville (1685) prolonge la basilique Notre-Dame (1829) à la façade néo-gothique inspirée de Notre-Dame de Paris. La façade sobre contraste fortement avec le ch ur polychrome, bleu et or. Remarquez les vitraux, résumant les débuts de Ville-Marie. Face à la basilique, la ville se souvient de son fondateur, Paul de Chomedey de Maisonneuve. L'immeuble de grès rose qui lui tourne le dos n'a peut-être l'air de rien mais c'était, à sa construction en 1817, le premier gratte-ciel du Canada. Vers l'ouest, la place d'Youville, nommée en l'honneur de la fondatrice de l'hôpital des S urs Grises (beau bâtiment XVIIe) était au c ur de l'ancienne Ville-Marie. La caserne des pompiers en briques rouges (1903), surmontée d'une tour sur laquelle séchaient les lances à incendie, a été transformée en Centre d'histoire. Plus près du fleuve, ne ratez pas le Musée d'Archéologie et d'Histoire Pointe-à-Callière qui contient une riche collection de maquettes retraçant l'évolution de Montréal. Du toit-terrasse, le point de vue sur le Saint-Laurent est imprenable. Depuis 1964, les brise-glaces des garde-côtes gardent le fleuve ouvert à la navigation tout l'hiver. En 1974, l'augmentation du trafic maritime obligeait le vieux port de Montréal à cesser ses activités pour se déplacer plus à l'est. Dix ans plus tard, un vaste projet de réhabilitation voyait le jour. Le long du quai, les paquebots jettent les amarres. L'été, on vient s'y promener, à pied, en vélo, près de la tour de l'Horloge restaurée. L'IMAX, un cinéma à écran géant, attire la foule, ainsi que les expositions et les animations. Des bateaux-mouches proposent des promenades sur le fleuve. Tous les étés, le vieux port est le théâtre du Festival international de l'Humour. En 1993, les Québécois sont allés jusqu'à ouvrir le Musée du Rire (2111 bd Saint-Laurent).
La ville moderne
Le coeur de Montréal est un gigantesque damier de rues perpendiculaires et de forêts de tours, coupé en son centre par la main le boulevard Saint-Laurent. Comme toutes les grandes cités du continent américain, la métropole québécoise subit l'exode au profit de ses banlieues: une politique d'urbanisme dynamique tente d'enrayer le phénomène.
La place Ville-Marie est une monumentale réalisation de l'architecture moderne, dessinée en 1959 par Ieoh Ming Peï l'architecte de la pyramide du Louvre. L'esplanade, encadrée de gratte-ciel, représente la partie émergée du Montréal souterrain. Dans le prolongement du boulevard René-Lévesque, la cathédrale Marie-Reine-du-Monde reproduit à l'échelle d'un tiers la basilique Saint-Pierre de Rome. A deux pas de là, «la Catherine» (rue Sainte-Catherine ) regroupe les grands magasins de la ville. Sur l'avenue McGill College, jetez un coup d' il à La foule illuminée du sculpteur anglais Raymond Mason. Place de la Cathédrale, le building étincelant de la Maison des Coopérants sert de toile de fond à la petite Christ Church Cathedral au triple portique gothique. En remontant «la Catherine» vers l'est, on atteint la place des Arts, temple de la culture montréalaise: salles de théâtre, de concert et de cinéma voisinent avec le Musée d'Art contemporain principalement dédié aux artistes canadiens et à la sculpture. Plus loin encore, la rue Sainte-Catherine se fait plus populaire.
En continuant dos au fleuve, vous parvenez à la rue Sherbrooke, sorte de Champs-Elysées montréalais aux belles demeures victoriennes. Les grands hôtels, les galeries d'art et les boutiques les plus chic de la ville s'y sont donné rendez-vous. C'est également là que se trouvent de nombreux musées. Au n° 690, le Musée McCord met en valeur l'histoire des pionniers du Canada superbe exposition de photos des années 1900. De l'autre côté de la rue, l'Université anglophone McGill fut la première du Québec (1829). Vous y verrez l'éclectique Musée Redpath: antiquités égyptiennes, animaux empaillés et dinosaures. Le Musée des Arts décoratifs se trouve tout près dans ses nouveaux quartiers au 2200 rue Crescent. Rue Baile, au sud-ouest, le Centre canadien d'Architecture est un musée d'une grande réputation. A noter encore, le Planétarium Dow, rue Saint-Jacques Ouest, le Musée du Hockey et celui des Beaux-Arts.
Au début des années 1970, avec la construction du métro, des boutiques ont commencé à s'installer dans les stations. Puis on a aménagé des passages permettant de se rendre d'un bâtiment à l'autre, d'une rue à une autre sans mettre le nez dehors. Petit à petit, toute une ville souterraine s'est construite en parallèle. Aujourd'hui, près de 30 km de galeries reliées à neuf stations de métro et deux gares s'insinuent au départ de la place Ville-Marie, permettant à un demi-million de Montréalais de se déplacer, de travailler, de faire leurs courses en restant au chaud de novembre à avril.
Le Plateau Mont-Royal est l'endroit à la mode montréalais. Les maisons de briques se dotent ici des fameux escaliers en colimaçon. Cafés-terrasses et restaurants se succèdent le long des rues. Fréquenté par les artistes, les intellectuels, les étudiants UQAM, l'Université du Québec à Montréal est à deux pas on l'a d'ailleurs surnommé le Quartier Latin.
Poumon de la cité avec balcons sur les gratte-ciel du centre, le Mont-Royal, la «Montagne» comme on l'appelle ici, est indissociable de la vie montréalaise. L'été on y pique-nique. L'automne on y fait du jogging au milieu des bois et des écureuils. L'hiver, le lac des Castors gelé devient patinoire. Sur ses pentes, les dynasties industrielles ont installé au siècle dernier leurs magnifiques résidences de pierre. Les quelque 25'000 habitants du quartier possédaient alors près de 70% des richesses canadiennes. Il en reste peu de traces. Mais le surnom du quartier demeure: le «mille carré doré» (golden square mile).
Le Parc olympique
Construit dans le cadre des Jeux olympiques de l'été 1976, le gigantesque stade au toit rétractable sert dorénavant aux concerts rocks et aux matchs de base-ball des Expos l'équipe de Montréal. Un funiculaire conduit au sommet de la tour olympique, une sorte de mât incliné de 169 m de haut, d'où la vue porte par beau temps à 80 km. Tout près, le château Dufresne (4040 rue Sherbrooke), construit en 1918 sur le modèle du Petit Trianon de Versailles, fut la demeure d'un fabricant de chaussures, Thomas Dufresne. L'ancien vélodrome olympique a été reconverti en un musée d'un genre nouveau: sous le même toit cohabitent une forêt tropicale, une forêt québécoise, le Saint-Laurent et un coin de banquise. Les quatre biotopes réunis représentent ainsi les différentes régions climatiques du continent américain. Au total, ce sont 250 espèces animales et 350 végétales qui peuplent le Biodôme. Celui-ci se double d'un centre de formation et de recherche écologique (expositions et animations au «carrefour de l'environnement»). L'espace Naturalia permet aux enfants de s'initier à la protection de la nature. Créé en 1931, l'immense Jardin botanique de Montréal s'étend sur 73 hectares et abrite près de 30'000 espèces de végétaux. Une dizaine de serres et une trentaine de jardins s'ordonnent par thème. La maison de l'arbre permet de découvrir le monde de la forêt. L'un des derniers-nés, le jardin de Chine, est le plus grand du genre hors d'Asie; il présente seize paysages différents. Les sept pavillons de bois recréent l'atmosphère des grands jardins Ming des rives du Yangtsé. Ne ratez pas la collection de penjings (bonsaïs), l'une des plus belles au monde. A l'Insectarium, vous pourrez voir 250'000 spécimens de toutes tailles dont certains vivants. Les expositions s'emploient à mieux faire comprendre le rôle primordial des insectes dans l'équilibre biologique. Au rez-de-chaussée, une intéressante exposition est consacrée aux régimes alimentaires un peu particuliers de certains peuples Le musée organise d'ailleurs en février un festin auquel sont conviés les membres de la Société des mangeurs d'insectes!
Les îles
L'île Sainte-Hélène accueille depuis l'Exposition Universelle de 1967 le parc d'amusement de La Ronde (espace vert, manèges, Aquaparc). L'été on y canote, l'hiver on y patine. Le Musée David Stewart, aménagé dans une ancienne redoute britannique, se consacre à l'histoire militaire du Canada colonial (armes, instruments, cartes, etc.). Les après-midi d'été, les Fraser Highlands, un régiment habillé en uniforme écossais du XVIIIe siècle, défilent du mercredi au dimanche.
L'île Notre-Dame voisine fut créée de toutes pièces en 1967 pour la même Exposition Universelle. C'est ici que se court le grand prix automobile de Montréal. Vous pouvez d'ailleurs suivre au volant de votre voiture le circuit de Formule 1 (désolé, la vitesse est limitée à 40 km/h!). Quitte à faire surgir du néant une île nouvelle, les ingénieurs en ont profité pour construire une plage en ville! Vous pouvez y louer des planches à voile ou de petites embarcations. Plus à l'ouest, au c ur de l'archipel de Montréal, l'île Perrot invite à découvrir la vie des meuniers d'antan au parc de la Pointe-du-Moulin.