“Perchée sur le capDiamant qui surplombe le fleuve St Laurent, Québec rappelle avec fierté au visiteur étranger qu’ici, comme nulle part ailleurs en Amérique, lemot “histoire” a bien un sens. La ville célèbre en 2008 les 400 ans de sa fondation : tout au long de cette année auront lieu des expositions exceptionnelles, des spectacles, animations et autres décorations particulières pour fêter cet anniversaire historique. Québec vous invite du haut de ses imposants remparts à remonter le cours des siècles”
Québec
Si différente de Montréal, Québec s'enorgueillit de son architecture «vieille France». Sa taille humaine, ses maisons malouines, ses rues pavées, ses escaliers sinueux, ses remparts et son château Frontenac à la silhouette extravagante en ont fait le haut lieu du tourisme de la Belle Province. En 1985, l'Unesco faisait de la cité un «joyau du patrimoine mondial».
Ceinte de murailles, Québec domine le Saint-Laurent, juchée sur un promontoire. Du haut des falaises, la haute ville et sa figure de proue, le château Frontenac, accrochent le regard des milles à la ronde, offrant à l'âme nostalgique l'image d'une cité préservée. A leurs pieds, la basse ville, née du fleuve, révèle son lacis de ruelles et de maisons aux toits colorés.
L'air d'ici donne l'impression d'être plus pur qu'ailleurs. Celui de l'hiver est sans commune mesure avec le nôtre: plus froid bien sûr mais aussi plus cristallin, plus pénétrant.
Lorsque le printemps revient enfin, le naturel enjoué des Québécois reprend le dessus. En quelques jours, les pelouses encore roussies se couvrent de citadins à la poursuite du moindre rayon de soleil. Puis l'été passe, chaud, parfois étouffant, aux antipodes des soucis.
Début octobre, l'automne est le théâtre des délires dorés et sanguinolents de l'été des Indiens (ou été indien): les arbres et les toundras s'enflamment. Les Indiens appelaient le Saint-Laurent «le chemin qui marche». Bien étrange fleuve que celui-ci. Commencez par chercher ses sources. Première anomalie: il n'en a pas.
Le Saint-Laurent naît tout bonnement du lac Ontario. Descendez son cours; on ne sait plus très bien où il s'arrête et où commence l'océan Atlantique: eaux douces ou eaux salées? A marée basse, on va se promener sur les battures, les berges du fleuve mises à nu par le reflux. Sur les roches s'accrochent des crustacés. Au large, parfois, le souffle des baleines. De point en point, des îlots sauvages, des îles habitées le parsèment. L'hiver, le fleuve gelé est dégagé par les rondes des brise-glaces.
Au Québec, la culture reflète l'histoire. Française à l'origine, elle s'est imprégnée outre-Atlantique du parfum des grands espaces. Le contact avec les Amérindiens, la dureté des réalités quotidiennes et des conflits divers ont développé au fil des générations une identité qui s'en voudrait d'être française. Francophone, certes. Les Québécois aiment à se définir comme une «société distincte». Et là l'opposition aux anglophones ne manque pas de faire mouche: 6 millions contre 320 en Amérique du Nord, il faut avoir les épaules solides pour tenir la barre et beaucoup d'énergie. Heureusement, les Québécois n'en manquent pas. De mémoire non plus d'ailleurs. La devise du Québec ne dit-elle pas «Je me souviens»? .